Pour la Nocturne Rive Droite 2013, La Maison Lebrun vous présente une exposition sur les cadres Vénitiens du XVè au XVIIIè siècle.
Nocturne Rive Droite 2013 - mercredi 5 juin de 17h à 23h.
Miroir Sansovino, Venise, XVIème siècle
Mesures extérieures : 32 x 24,5 cm
Collection Cadres Lebrun, Prix sur demande
Ce petit miroir est une pièce Italienne du XVIème siècle. Il s’agit d’une glace dite « Sansovino » nommée ainsi du nom de l’architecte Jacopo Sansovino (1486-1570) natif de Florence mais particulièrement connu pour son travail à Venise. On lui doit entre autre la porte de bronze des sacristies de San Marco et le monument funéraire du doge Francesco Venier, pour ne citer que ces deux œuvres.
Les cadres de modèle Sansovino se caractérisent par des ornementations très précises: des cariatides ou espagnolettes, des têtes de putti ailées, des « enroulements » qui font penser aux motifs de cuir découpés que l’on trouve dans les décors du Château de Fontainebleau ou encore des guirlandes de tissus et festons. Cette accumulation d’ornementation ainsi qu’une sculpture très grasse caractérisent les cadres Sansovino et en font des pièces uniques très prisées des amateurs.
Les cadres Sansovino peuvent être polychromes et doré, noir et or ou entièrement dorés. Le miroir présenté, issu de la collection Lebrun, est sculpté dans un bois tendre doré et légèrement polychromé. La polychromie, de couleur rouge et verte, se trouve sous forme de vernis posé sur l’or dans les creux de la sculpture afin de lui donner plus de profondeur.
En plus de sa forme ovale atypique ce cadre est orné d’un fronton brisé qui lui apporte un aspect très architectural.
Si les cadres Sansovino sont généralement considérés comme étant Vénitiens, certains modèles viennent de Florence. Il est d’ailleurs difficile de différencier les modèles Florentins des modèles Vénitiens.
Mathilde-Jeannine Durand
Cadre Louis XIV en bois sculpté doré, mesures de vue : 80 x 64.5 x 13 cm. Collection Cadres Lebrun
Le cadre présenté aujourd’hui est un beau modèle Louis XIV en chêne sculpté doré. Ce cadre est très caractéristique de son style de par son ornementation, son profil ainsi que sa reparure.
Son profil large lui apporte une grande prestance caractéristique des cadres Français.
L’ornementation principale de ce cadre est une frise d’arabesques avec des coquilles dans les milieux, un motif de culot d’acanthe dans les demi milieux et une ornementation végétale de palmettes dans les angles. Cette frise d’arabesques parfaitement symétrique est aussi appelée décors à la Bérain du nom de l’ornemaniste à la cour du roi Louis XIV, Jean Bérain (1640-1711). Son aspect symétrique est typique du style Louis XIV, à partir du style Rocaille que les éléments d’ornementations ne seront plus obligatoirement symétriques dans le mobilier.
La frise d’arabesque est décorée d’une reparure de grain d’orge, de quadrillé et quadrillé double. Celle ci est typique du style Louis XIV. Durant le style Louis XIII on la trouve travaillée où elle sert alors simplement à alléger le motif sculpté de ses apprêts.
La reparure est gravée dans les apprêts, constitués de blanc de Meudon et de colle de peau de lapin, avant la pose des feuilles d’or. C’est un travail dont les doreurs Français sont spécialistes et que les artisans des autres pays n’ont jamais vraiment réussi à imiter.
La frise de sablé présente entre la frise d’arabesques et le motif d’acanthe de vue apparaît elle aussi durant la fin du XVIIème siècle sous le Louis XIV. On retrouvera ce sablé durant les styles Régence et Louis XV pour disparaître sous Louis XVI.
Ce cadre regroupe ainsi toutes les caractéristiques principales des modèles classiques de cadres Louis XIV. Ce type de modèle a été produit dans toute la France. On le retrouve souvent argenté avec une sculpture très grasse vers le sud de la France, doré et d’une grande finesse lorsqu’il est issu des ateliers Parisiens.
Mathilde-Jeannine Durand
Cadre en bois sculpté doré à décors floraux, seconde moitié du XVIIème siècle, Angleterre. Vue : 74 x 61 cm. Collection Cadres Lebrun.
Ce cadre est un exemple typique des cadres produits en Angleterre durant la seconde moitié du XVIIème siècle.
Il se caractérise par son profil assez fin et aussi par le fait qu’il a été sculpté sur un bois de la famille des résineux, en l’occurrence le pin. Ce détail n’est pas sans importance, car son ornementation est très inspirée de celle des cadres Louis XIV qui lui sont contemporains. Son bois permet de l’identifier et de ne pas le confondre avec son équivalent Français. En effet, les cadres Français sont eux plus généralement en chêne.
L’autre point qui peux permettre de différencier ce modèle de cadre Anglais d’un cadre Louis XIV, est le fait que l’on trouve principalement ces modèles argentés et non pas doré, comme le voulait la mode dans l’Angleterre du XVIIème siècle. Même si le modèle présenté est doré, il est difficile de certifier que sa dorure est original ou a été appliquée plus tardivement.
A noter que les liens commerciaux entre la Hollande et l’Angleterre sont très importants durant tout le XVIIème siècle, on retrouve donc des modèles équivalents, voir identique en Hollande.
Les artisans Anglais ayant immigrés vers le nouveau monde reproduiront eux aussi ce type de cadre aux Etats-Unis pour orner les intérieurs des colons.
Ce type de cadre est donc représentatif de son époque, son profil simple et fin lui permet d’encadrer aisément la peinture, portrait ou paysage, et son succès fut tel qu’on le retrouve comme un classique de l’encadrement aux Pays Bas ainsi qu’en Amérique du nord. Si il n’est pas particulièrement présent dans les salles de vente en France, il n’en reste pas moins un modèle de qualité très prisé des musées et collectionneurs.
Mathilde-Jeannine Durand
Depuis quinze ans La Maison Lebrun participe à la Nocturne Rive Droite.
Cet évènement rassemble 70 professionnels de l’art, avec de très nombreuses expositions, vernissages, …
Cette soirée est l’occasion de rencontrer certains des plus grands spécialistes de l’art, pour partager leur passion et leur enthousiasme !
Prochaine édition juin 2013
Pour plus d’informations : http://www.art-rivedroite.com


Ce miroir du XVIIIème siècle dont le fronton est orné de deux colombes mais aussi de deux cœurs percés d’une flèche est un miroir de mariage.
On sait peu de chose sur la tradition visant à offrir un miroir à des jeunes mariés, si ce n’est qu’elle existe depuis l’antiquité Grecque ou la future épouse recevait souvent un petit miroir qu’elle pouvait transporter avec elle durant ses voyages.
Si on trouve des miroirs de mariages dès le XVIIème siècle, durant les styles Louis XIII et Louis XIV souvent avec des frontons amovibles ornés de fleurs, ou encore de cœurs percés d’une flèche, les miroirs de mariage ornés de colombes, attributs de l’amour, n’apparaissent eux que durant le XVIIIème siècle avec le style Louis XVI.
La colombe, symbole de l’amour est, dans l’antiquité, sacrifiée en offrande à Aphrodite, déesse de l’Amour. Dans l’ancien testament elle apporte un rameau d’olivier pour indiquer à Noé que les eaux ont baissé, appelée ainsi colombe de paix. Dans le nouveau testament la colombe symbolise le Saint esprit.
Sur ce miroir de mariage il s’agit bien de cette colombe symbole de l’amour. Ainsi cette pièce de mobilier surmontée d’un symbole profane est représentative de son époque où l’art s’émancipe de la représentation religieuse.

Ce cadre XVIIIème Français a conservé sa dorure d’origine, ces gros plans nous montrent l’originalité de sa sculpture, la finesse de la reparure, la chaleur d’une dorure authentique.
Ce modèle de cadre est typique de la période Rocaille que l’on situe entre 1730 et 1750.
En France ce le style Rocaille est caractéristique des styles Régences et Louis XV. Le Rocaille se libère du style Louis XIV plus formel.
Dans le mobilier, le style Rocaille s’exprime avec une très grande liberté. Ce cadre en est un parfait exemple avec ses lignes, ses angles adoucis et la présence d’ornementations spécifiques de ce style inspirées du monde végétal et marin. Cependant avec sa frise de perles à la vue, ce modèle annonce doucement le style Louis XVI qui apparaît à la fin du XVIIIème siècle.
Cadre en chêne sculpté et doré, modèle Louis XV, milieu du XVIIIème siècle avec coquilles dans les angles, motifs végétaux dans les milieux et frise de perles. Coquilles sculptées sur la frise extérieure.